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Chez les Mosos de Chine, le mariage n’existe pas

A l’occasion des 50 ans de l’ONU, une petite ethnie chinoise de 30 000 habitants – les Mosos – a reçu le titre prestigieux de « communauté-modèle ». Située sur les rives du lac Lugu, à la frontière tibétaine, les Mosos s’efforcent de suivre les traditions quasi millénaires d’une société matriarcale dont l’harmonie est le maître-mot. Leur secret ? Placer les femmes au centre de la communauté et refuser le mariage tel que nous l’entendons en occident. Leurs coutumes liées à l’amour et aux relations intimes fascinent le monde entier tant elles sont source d’apaisement au sein même de la communauté. Lumière sur cette société pas comme les autres, où les femmes, véritables matriarches, jouent un rôle essentiel !

lac Lugu en Chine, ethni Moso

Refuser le mariage pour préserver l’harmonie

L’harmonie, c’est un peu l’art d’éviter les conflits et, bien que le mariage soit synonyme de grands bonheurs, il se peut que parfois des problèmes viennent perturber le quotidien d’un couple. Les Mosos ont alors trouvé la clé d’une vie heureuse et apaisée : ne pas se marier ! Pour les membres de cette communauté, le mariage entre deux personnes et la notion d’engagement qui y est implicitement liée est une véritable menace pour cette harmonie qui leur est si chère. Selon eux, un amour éternel est insensé puisque l’on ne sait pas de quoi demain sera fait ! Chacun peut donc vivre comme il l’entend et avec qui il l’entend tout en préservant la société. Si pas de promesse, alors pas de trahison, donc pas de conflit, résultat : harmonie parfaite !

Les hommes se rendent de temps en temps chez leurs amantes (appelée « Azous ») mais ne fonderont jamais de foyer avec leurs biens aimées. Ils restent habiter chez leur mère avec leur propre famille, même en cas d’enfants. Ce fonctionnement de société et de couple ne sous-entend pas que les Mosos soient polygames. Même si la monogamie n’est pas, ici, une règle à proprement dite, il est de coutume d’arrêter une liaison avant d’en commencer une nouvelle. Ils considèrent simplement que la fidélité et l’engagement du mariage est davantage un risque pour la société qu’une consécration pour soi-même.

Homme Moso

La femme au centre de la société des Mosos

Chez les Mosos, la communauté est organisée en fratries. A la tête de chaque famille : une « Ama » (la plus vieille femme de la fratrie) qui veille sur sa famille et transmet les traditions Moso de génération en génération. Cette matriarche possède un rôle central dans la société : elle gère le patrimoine familial, hérite du nom et des biens de la famille et veille à l’éduction de ses enfants et de ses petits-enfants. Ces derniers vivent toute leur vie auprès de leur mère, même à l’âge adulte. Lorsqu’ils ont à leur tour des enfants, tout ce beau monde vit sous le toit de l’Ama qui fait preuve d’une grande bienveillance pour sa famille.

Pour les Mosos, il est impensable que l’un des membres quitte sa fratrie pour vivre un amour qu’il est, de toute façon, autorisé à vivre librement. C’est la raison pour laquelle les couples ne fondent pas de foyer et reste vivre avec leur famille respective. En cas de grossesse, la mère se voit attribuer la garde exclusive de ses enfants et peut ainsi leur offrir une sécurité et une grande stabilité. Le père biologique peut, bien évidemment, rendre visite à ses enfants s’il le souhaite mais il n’a aucune obligation, même morale, vis-à-vis de sa progéniture. Ce sont alors les oncles (les frères de la mère) qui vont s’impliquer dans l’éducation de leurs neveux et nièces. Chez les Mosos, l’oncle a bien plus de droits que le père sur ses enfants.

La naissance d’une fille Moso est donc primordiale pour toutes les fratries car les femmes représentent l’autorité et permettent de continuer une lignée. Mais la venue au monde d’un garçon est tout autant célébrée car les hommes représentent la paternité.

Femmes Moso Chine Tibet

La clé d’une égalité homme-femme ?

Si la communauté Moso est une société matriarcale, les femmes ne sont pas les seules à diriger et ne sont sûrement pas au-dessus des lois. Elles représentent cependant un important pouvoir décisionnel lors des conseils de famille. Lorsqu’une décision doit être prise, elles participent à l’élaboration d’une liste de pours et de contres et votent, à parts égales avec les hommes, pour le meilleur parti. Le tout dans une harmonie parfaite et dans le plus grand respect de chacun.

Cependant, côté travail, les tâches quotidiennes des Mosos sont très sexuées. Les femmes s’activent sans relâche toute la journée dans les champs, pendant que les hommes s’occupent de leurs neveux et nièces ou construisent, de temps en temps, de nouvelles maisons. La charge de travail est donc plus lourde pour les femmes que pour les hommes. De plus, à l’extérieur de la communauté, ce sont bien les hommes qui représentent la famille et ce sont eux encore qui gèrent le peu d’argent que la fratrie gagne en ville… Mince, on y aurait presque cru !

Mosos Chine

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