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Nouveau président au Mexique : une élection historique

Temps de lecture : 3 minutes

Dimanche 1er Juillet 2018 – Le peuple mexicain a parlé. Le nouveau président de la république mexicaine est un homme politique de 64 ans qui appartient au parti Morena. Andres Manuel Lopez Obrador, surnommé AMLO, a remporté dimanche dernier 53 % des suffrages et est donc largement élu à la fonction présidentielle. A cette occasion Maria, Karla et Giovanni, qui travaillent dans l’agence locale mexicaine de la communauté bynativ, reviennent sur ce bouleversement et partagent avec nous leurs espoirs pour ce nouveau chapitre de l’histoire mexicaine.

Andres Manuel Lopez Obrador, dit AMLO

C’est sa ténacité qui a fini par payer : après 2 tentatives vaines, la 3ème était la bonne ! A 64 ans, Andres Manuel Lopez Obrador devient le président du Mexique dès le premier tour de scrutin avec un score historique, le plus élevé depuis Miguel de la Madrid en 1982. « Ces élections ont été celles qui ont rassemblé le plus grand nombre d’électeurs dans l’histoire de notre pays. », nous confie Giovanni. En effet, Dimanche, 30 millions de personnes se sont déplacées pour voter. « Le simple fait que la jeunesse ait été aussi impliquée dans cette élection me semble déjà être un changement de taille au Mexique. », nous raconte Maria, « Les jeunes sont également très attentifs à la réalisation des promesses qui sont faites lors de la campagne électorale. ».

D’abord engagé dans le Parti Révolutionnaire Institutionnel (PRI), il rejoint ensuite le Parti de la Révolution Démocratique (PRD), avant de créer sa propre organisation politique, le Mouvement de Régénération Nationale (Morena) par lequel il a été élu. Malgré cette longue expérience politique, Andres Manuel Lopez Obrador s’est défini, tout au long de sa campagne, comme étant un candidat « hors système », souhaitant en finir avec la classe politique traditionnelle qu’il surnomme « la mafia du pouvoir ».

Lutte contre la corruption et contre la pauvreté

La lutte contre la corruption : voilà LE point fort de son programme. Selon Maria, « Le président sortant et son parti ont favorisé la croissance du crime organisé et la corruption parmi les hauts-fonctionnaires ». AMLO met donc un point d’honneur à éliminer ce qui ronge le pays depuis bien des années. « Je suis têtu, c’est connu. Avec cette même conviction, j’agirai en tant que président de la République, de manière entêtée, idiote, persévérante, avec un aveuglement presque fou: je vais en finir avec la corruption », annonce-t-il lors du discours qu’il a prononcé à l’occasion de sa nomination comme candidat par son parti.

La lutte contre la pauvreté est l’autre point central de son programme. Andres Manuel Lopez Obrador souhaite, entre autres, augmenter le salaire minimum, réduire les taxes, accorder plus de bourses aux étudiants, rendre l’accès à l’éducation gratuit, vendre l’avion présidentiel et faire de la résidence officielle le plus grand centre culturel du pays. Si ses promesses séduisent une grande partie de la population, le flou autour de leur réalisation et de leur financement a suffit à instaurer le doute dans l’esprit de certains mexicains. Ils voient alors en Andres Manuel Lopez Obrador le renouveau d’un populisme autoritaire, dans la lignée de l’ancien chef du Venezuela, Hugo Chavez.

« La volonté de la population a été respectée »

« Je suis contente de cette élection car il me semble que, pour la première fois au Mexique, la volonté de la population a été respectée. », conclut Maria, pleine d’optimiste, « Avant aujourd’hui, j’ai toujours pensé que les élections trompaient la véritable volonté des mexicains. L’accès au pouvoir d’AMLO est donc un changement important. Cependant, je suis également un peu inquiète car beaucoup de promesses ont été faites lors de cette campagne. J’espère vraiment que notre nouveau président tiendra ses engagements auprès des classes sociales le plus souvent oubliées. Je suis pleine d’enthousiasme à l’idée de cette élection parce que je crois que je peux prendre part à ce changement et améliorer les choses pour mon pays. » Elle termine en nous confiant que les résultats de ces élections ont poussé le Mexique sur le devant de la scène internationale d’une manière positive. « Si les changements annoncés ont bel et bien lieu, notre pays a une opportunité de croissance énorme ! »

Pour Giovanni, c’est une réelle fierté qui ressort de cette élection : « Personnellement je suis très content et très fier de ce que nous avons fait dimanche dernier. La participation des citoyens a été le facteur décisif qui a permis à la démocratie de triompher. Grâce à ce grand pas en avant, nous pouvons tout recommencer en mieux. Nous avons de grandes attentes via à vis du de ce nouveau président et nous espérons que toutes ses actions iront en faveur du Mexique qui a souffert du gouvernement des précédents dirigeants. »

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