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Mon voyage au Danakil, l’endroit le plus hostile du monde

Après avoir voyagé dans le sud de l’Ethiopie et au nord d’Addis Abeba, la capitale, Emma découvre enfin le désert de sel du Danakil et le magnifique Dallol aux couleurs exceptionnelles ! Si l’Ethiopie s’inscrit dans l’imaginaire de la plupart des voyageurs par ses églises monolithes et ses communautés fascinantes, pour Emma, c’est véritablement cet endroit, l’un des plus hostiles au monde, qui la faisait rêver ! Pour bynativ, elle nous raconte ses quelques jours passés au milieu de rien…

S’il y avait un endroit que je ne voulais manquer pour rien au monde lors de mon voyage en Ethiopie, c’est bien le désert du Danakil et son Dallol aux couleurs fluorescentes. Je l’avais en ligne de mire depuis le début de mon voyage en Abyssinie et comptais les jours qui me séparaient de cette découverte. L’Ethiopie est encore un pays confidentiel, très peu exposé au tourisme de masse. Impossible donc pour moi d’avoir des retours précis au sujet de cette merveille de la nature. Je n’avais en tête que les quelques photos croisées par hasard lors de mes recherches pour me créer un imaginaire de cet endroit surréaliste, l’un des plus hostiles au monde

En route pour le Danakil !

Samedi matin, tout le monde est sur le pont ! C’est l’esprit reposé, le ventre bien rempli et la jauge de café éthiopien à son maximum que nous partons pour le Danakil. La première difficulté de la journée fût de choisir nos vêtements. Tout le monde nous avait bien mises en garde : à cette période de l’année, les températures peuvent atteindre les 50°C. Mais, territoire Afar oblige et revêtement du sol quelque peu instable, il est préférable de proscrire les shorts et les tongs. Voilà qui attise encore un peu plus notre curiosité…

Route vers le Danakil

Route vers le Danakil

11h30. Nous prenons la route depuis Mekele (capitale de la région du Tigré) pour rejoindre notre campement pour la nuit à Amhedila. La route que l’on emprunte est d’une beauté à couper le souffle. Les paysages de montagnes font étrangement penser à ceux du parc du Simien, situé à plusieurs kilomètres de là. Sur le trajet, nous nous arrêtons manger dans un petit boui-boui où la cuisine traditionnelle éthiopienne est reine. Ici, pas de pâte au thon et pas de couvert ! On y mange de l’Injera, du shiro, de la viande grasse… et avec les doigts s’il vous plaît ! Encore une heure de route et nous sentons déjà la chaleur nous assommer. En remontant dans la voiture, Welde, notre chauffeur, nous propose de mettre la clim et de fermer les fenêtres teintées pour rester au frais. Frustrées de ne pas profiter au maximum des paysages, nous préférons décliner sa proposition et nous laisser bercer par l’air chaud du Tigré

Un des endroits les plus hostiles du monde

Nous pénétrons en territoire Afar sous les coups de 17h. Après un rapide crochet par notre campement, nous poursuivons notre route jusqu’au beau milieu du désert de sel du Danakil. Penchée par la fenêtre ouverte pour ne pas en louper une miette, j’essaye de capturer le maximum d’images, de sons et d’odeurs de cet endroit dont j’ai tant rêvé. Tel est pris qui croyait prendre lorsqu’une odeur insoutenable m’arrive aux narines. Le désert du Danakil n’est pas réputé comme étant l’un des endroits les plus hostiles au monde pour rien ; sur le bas-côté, un cadavre de dromadaire gît, mort de soif, de faim ou de chaleur. A plusieurs reprises, sur le trajet, nous voyons des squelettes d’animaux, difficilement identifiables. Ils sont la preuve des conditions difficiles dans lesquelles vivent la communauté Afar, les maîtres de ces lieux.

Arrivée au campement à Ahmedila

Danakil, le désert de sel en Ethiopie

Welde arrête le moteur de la voiture au beau milieu du désert. Le soleil commence doucement à descendre ; la lumière rosée se reflétant sur le blanc du sel. Un horizon à perte de vue, un silence assourdissant, un coucher de soleil magnifique, une température idéale : l’instant est magique ! Pour clore cette journée en beauté, notre guide sort du coffre de la voiture, du vin éthiopien produit dans le sud du pays, près de la vallée de l’Omo. Après avoir immortalisé le moment, nous repartons vers le campement pour une nuit sous les étoiles.

Route du Danakil en Ethiopie

Désert de sel Danakil en Ethiopie

Désert du Danakil en Ethiopie

Sel dans le Danakil en Ethiopie

Coucher de soleil au Danakil

Une nuit dont on se souviendra longtemps

Certes, le campement est quelque peu sommaire. Un lit en paille tressée, pas de couverture, de douche ou de toilette … mais un ciel étoilé comme on en voit que très rarement dans notre quotidien de citadins. Le campement étant installé au beau milieu d’un désert aride sans électricité, l’endroit est dépourvu de pollution lumineuse à la nuit tombée. Allongés sur nos lits, enveloppés dans le vent chaud du Danakil, nous sommes tiraillés entre profiter le plus longtemps possible du spectacle qui s’offre à nous et nous abandonner dans les bras de Morphée. Demain, le réveil sonne tôt : nous partons pour le Dallol à 5h30 du matin !

Campement Ahmedila dans le Danakil en Ethiopie

Village Afar dans le Danakil

Dernière étape du voyage : le Dallol

« The last but not the least », le Dallol est la cerise sur le gâteau, le clou du spectacle, que dis-je, le mont Everest de mon voyage en Ethiopie ! Le réveil à 4h30 n’a donc (presque) pas été difficile. Après un petit déjeuner à l’éthiopienne (œufs et jus de papaye), nous prenons la route pour le Dallol, situé à une heure environ de notre campement. A ma grande surprise, lorsque nous arrivons sur place, une vingtaine de 4×4 sont déjà alignés devant le site. Jusqu’ici, nous n’avions pas croisé beaucoup de voyageurs en Ethiopie, c’est donc réellement la première fois que nous nous retrouvions dans un site avec autant de touristes, même si leur nombre peu élevé est à relativiser. En sortant de la voiture, une odeur de soufre vient chatouiller nos narines. Welde nous conseille de prendre de quoi nous couvrir le nez car l’odeur risque fort de s’empirer au fur et à mesure de notre avancée.

A savoir : Chaque groupe qui s’aventure jusqu’au Dallol est accompagné d’un scout, une personne de l’armée éthiopienne. La raison de leur présence est un peu floue maintenant que le conflit entre l’Érythrée (dont la frontière est située à quelques kilomètres) et l’Ethiopie est terminé, grâce à l’intervention d’Abiy Ahmed, premier ministre Éthiopien et prix Nobel de la paix 2019.

Marche Dallol en Ethiopie

Sol du dallol

Dallol en Ethiopie

Nous partons pour une marche d’un petit quart d’heure avec l’étrange sensation d’avoir été propulsés sur une toute autre planète. Le sol volcanique est rouge, ouvert par endroit, bancal à d’autres. Après quelques minutes, notre respiration se fait un peu plus difficile. Nous sommes en plein cœur de la dépression du Danakil, à plusieurs mètres en dessous du niveau de la mer. L’oxygène est plus rare dans cet endroit hostile. La chaleur, également, commence à se faire ressentir et, si l’on se fie à la bonne odeur d’œuf pourri que nous sentons, nous nous approchons enfin du but !

Le paysage terne et rougeâtre fait alors place à une explosion de couleurs fluorescentes. Du jaune, du bleu, du vert ; le contraste avec la roche volcanique est total ! C’est si beau que l’on en oublie même l’odeur. Selon notre guide, le Dallol serait le résultat d’une explosion volcanique souterraine et serait ainsi responsable des sources chaudes d’acide et des geysers qui bouillonnent juste devant nous.

Le Dallol en Ethiopie

Sol du Dallol en Ethiopie

Le Dallol en Ethiopie

Le Dallol constitue encore un merveilleux terrain de jeu pour les scientifiques qui continuent d’en faire des prélèvements régulièrement. Cet endroit de la planète présente en effet un véritable intérêt car il témoigne de l’apparition d’une toute nouvelle croûte terrestre et océanique. Cet ancien volcan, aujourd’hui devenu un lac d’acide, est entré en éruption pour la dernière fois en 1926. S’il n’y a pas de danger de ce point de vue là aujourd’hui, il n’est pas sans risque de découvrir le Dallol puisque, selon la période de l’année, les températures peuvent dépasser les 60°C. Mieux vaut donc bien choisir son moment ! Nous sommes en octobre et, sur les coups de 10h, il fait déjà 45°C !

Le spectacle nous laisse sans voix ! Après avoir passé une heure à enjamber les remontées acides et à escalader les formations rocheuses étonnantes, nous quittons finalement le Danakil, le Dallol, notre guide et notre scout à regret. C’est avec les étoiles de la veille plein les yeux que nous repartons vers de nouvelles aventures. A bientôt l’Ethiopie !

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