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Le drame indonésien vu par les conseillères bynativ

Temps de lecture : 4 minutes 40

C’est pour une raison dramatique que l’actualité met en lumière l’Indonésie depuis quelques jours. Un tremblement de terre a secoué une grande partie de l’archipel en lui retirant 387 vies et en obligeant des centaines de milliers d’autres personnes à quitter leur foyer pour rejoindre des régions plus sûres.
Qu’en est-il de la situation et quelles sont les perspectives d’évolution ? Quelles précautions sont prises pour les voyageurs sur place et ceux à venir ? Que peuvent-ils faire afin de venir en aide aux populations locales ?


Gaëlle, Lilis, Novi, Febri et Céline, les conseillères locales de bynativ basées à Bali, répondent à toutes les questions des voyageurs et partagent leur vision de cet événement tragique. 

Bilan d’un séisme dévastateur

bynativ: Comment avez-vous vécu le séisme personnellement ?

Gaëlle : Dimanche 5 août 19h49, première secousse. Le premier sentiment qui nous vient est forcément celui de la panique. Nous sommes à Bali et l’épicentre du séisme se trouve à Lombok. Pourtant, ici, tout bouge aussi. Les indonésiens sont bien informés et préparés à ce genre de catastrophe. Le réflexe que tout le monde a est celui de sortir de peur que les bâtiments ne tombentEn tant que française, je ne suis pas sensibilisée sur le sujet d’où ma grande panique. Lors de la secousse de jeudi, j’étais davantage préparée. Je suis descendue du 1er étage et me suis simplement mis dans ma cour en attendant que ça passe. Il n’y a rien d’autre à faire de toute façon hormis attendre… Dimanche, nous avons craint le tsunami car une alerte a été mise en place mais elle n’a pas duré longtemps.

bynativ : Comment votre quotidien est impacté par le séisme ?

Novi : A Bali, il n’y a aucun changement. Ici, la vie suit son court et personne n’a modifié ses habitudes de vie. Des balises sont mises en place pour nous alerter de tout éventuel tsunami. Nous suivons ces informations en espérant qu’elles soient efficaces. En dehors de cela, nous vivons normalement, en pensant fortement aux dégâts et à la situation sur Lombok et aux îles Gili.

bynativ : Quelle est la zone touchée par le séisme exactement et quelle(s) région(s) restent intactes ?

Lilis : Ce sont les îles Gili et Lombok qui sont touchées. Le sud de Lombok semble avoir été épargné avec quelques dégâts tout de même. En revanche, dans le nord de l’île de Lombok et sur les îles Gili, très petites, il ne reste malheureusement pas grand-chose. Les tremblements se poursuivent sur Lombok alors ce n’est sans doute pas terminé…

Avez-vous une visibilité sur l’étendue des dégâts et la durée de l’état d’urgence ?

Febri : Le bilan humain est très lourd puisqu’on recense déjà plus de 300 victimes… Les dégâts matériels ont l’air impressionnant : de nombreuses infrastructures n’existent plus, même si elles étaient en dur. L’état d’urgence est déjà prévu jusqu’au 31 août mais je pense qu’il restera actif jusqu’à la fin du mois de septembre. Quoi qu’il en soit, la reconstruction va prendre du temps car les îles de Lombok et de Gili sont moins riches que celle de Bali par exemple. Les infrastructures et les hôtels détruits mettront plusieurs mois à être reconstruits…

Une situation sous contrôle pour les voyageurs

bynativ : Quelles actions sont mises en place pour les voyageurs sur place?

Novi : Immédiatement, une évacuation a été mise en place. La population locale et les voyageurs sur Gili ont du rejoindre Lombok en bateau avant de se rendre à Bali. Le problème étant la quantité de monde par rapport aux moyens à disposition, l’évacuation fut un peu chaotique. Il y a avait des amas de personnes sur les plages de Gili qui attendaient de pouvoir embarquer. Une fois sur Lombok, il s’agissait alors de rejoindre Bali. Les ferry-boats étant trop longs et les speed boat pas sécurisés avec les vagues, la voie aérienne était privilégiée. Les plus riches sont alors partis en hélico et les autres en avion. Tout cela fut assez long et laborieux…

bynativ : Quelles actions sont mises en place pour les voyageurs s’apprêtant à partir en Indonésie ?

Febri : Nous avons vérifié tous les programmes de tous les clients et nous avons fait des modifications d’itinéraire lorsque cela était nécessaire. Tous les séjours à Lombok et aux îles Gili sont annulés jusqu’au 31 août mais j’imagine que cela va durer beaucoup plus longtemps puisque de nombreux hôtels sur place sont complètement détruits. Les voyageurs s’apprêtant à voyager en Indonésie ne nous ont pas posé tant de questions, ce qui nous a d’ailleurs assez surprises. Pour ceux qui se posent des questions, notre rôle est de les rassurer et  leur dire que, sur Bali, tout va bien et que nous n’avons pas changé notre rythme de vie. L’Indonésie compte de nombreuses îles et régions telles que Sumatra, Sulawesi, Florès… Il est facilement possible de trouver un nouvel itinéraire à la fois sécurisé et rempli de découvertes naturelles et culturelles incroyables.

bynativ : Pour les voyageurs qui s’apprêtent à venir en Indonésie, y a-t-il des choses qu’ils peuvent ramener dans leurs bagages pour aider les populations locales ?

Gaëlle : Bien sûr, ici les moyens sont faibles et je n’ose imaginer le nombre de personnes qui sont dans le besoin à l’heure actuelle. Côté médecine, il ne faut pas hésitez à emporter tous les éléments de premier secours : médicaments, désinfectant, pansements, bandes stériles etc. Nous manquons également d’antidouleurs puissants type morphine. En revanche, il est nécessaire de posséder une prescription médicale pour pouvoir en transporter en avion… Pour le reste, si cela est possible : des vêtements, couettes, couvertures, des tentes ou des bâches qui pourraient faire office d’abris… Au lieu d’acheter de la nourriture et de la faire venir, il vaut mieux faire des dons ou acheter sur place et aller les donner dans les associations. Attention toutefois aux fausses cagnottes de dons.

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