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Zoom sur les Sentinelles : Le peuple le plus isolé du monde

Temps de lecture : 3 minutes 20

Il n’est pas rare d’entendre parler de ces tribus coupées de toute civilisation et qui risquent à tout moment l’extinction. Déforestation, tourisme ou, plus simplement, contacts avec le reste du genre humain : les raisons sont multiples mais toutes ont comme conséquence la disparition d’une ethnie et, avec elle, sa manière de vivre. Parmi ces peuples isolés, il en existe un très particulier : les Sentinelles résistent encore et toujours à l’envahisseur. Très peu de contacts ont été recensés à ce jour et tous (ou presque) se sont soldés par un accueil des plus hostiles. « Rencontre » avec le peuple le plus isolé du monde !

Un peuple resté à l’âge de pierre

Les sentinelles en Inde

L’île de North Sentinel appartient à l’archipel d’Andaman dans le golfe du Bengale. On estime sa superficie a environ 70 km2 dont la majeure partie serait recouverte d’une épaisse forêt. D’un point de vue administratif, elle fait partie intégrante de l’Inde. Mais officieusement, le gouvernement n’a absolument aucune emprise sur le peuple qui y vit. La tribu des Sentinelles, comme elle est aujourd’hui appelée par les anthropologues, est l’un des plus grands mystères de ce monde. A l’heure actuelle on ne sait même pas avec précision combien d’individus il existe sur cette île. Les spécialistes estiment que la communauté ne doit pas dépasser les 400 Hommes, mais il est tout à fait possible qu’elle n’en atteigne même pas les 70.

Cela fait des millénaires que les Sentinelles vivent coupés du monde sur leur petite île et évoluent en autarcie totale. Mais fidèles à eux-mêmes, les hommes n’ont pas longtemps résisté à l’envie d’aller voir ce qu’il s’y cache. En 1980, le gouvernement indien lance un programme dont le but est d’établir un premier contact avec les Sentinelles. Leurs approches (vaines le plus souvent) et leurs recherches ont permis d’identifier un peuple de chasseur-cueilleur qui ne pratique pas l’agriculture. Il se nourrit uniquement de plantes, de noix de coco, de poissons, de fruits de mer et de petits oiseaux trouvés dans la forêt de North Sentinel. La tribu semble connaître le feu mais nous ne savons pas, à l’heure actuelle, si elle est en capacité de le produire elle-même.

Une réponse hostile à tout essai de communication

Le programme lancé par les indiens est finalement abandonné dans les années 1990 à la vue des résultats infructueux. Il est vrai que chaque tentative de communication a eu comme résultat une pluie de flèches et de lances à l’intention des visiteurs, et ce, même s’ils se présentaient à eux pacifiquement. En 2004, le gouvernement indien s’inquiète de savoir si le peuple des Sentinelles a survécu au tsunami qui a décimé une partie du sud de l’Asie. Un hélicoptère s’est donc empressé de survoler la zone … récoltant au passage une flopée de flèches et de lances de la part des autochtones. Il semblerait donc qu’ils aient trouvé refuge dans les hauteurs de l’île en attendant que la vague passe. En 2006, deux pêcheurs imprudents s’aventurèrent trop près de l’île de North Sentinel laissant le champ libre à la tribu pour passer à l’attaque. Les deux malheureux en ont payé de leur vie … En novembre 2018, un aventurier un peu fou s’est rendu sur l’île avec l’idée délirante de les convertir à la religion chrétienne. Cette expérience s’est, là encore, soldée par un échec ; son corps a été retrouvé sur les rives de l’île 2 jours après son arrivée.

Depuis, plus de nouvelle et c’est tant mieux ! Le gouvernement indien a décidé d’interdire aux curieux la zone à proximité de l’île pour éviter de nouveaux drames ; la tribu se retrouve donc protégée par ceux qu’elle considère comme ses ennemis. Il est aujourd’hui primordial que ce peuple reste confiné sur son île. En effet, celui ou celle qui survivrait à cette rencontre hasardeuse pourrait finalement en être l’exterminateur. Du fait de leur isolement, le système immunitaire des Sentinelles n’est pas adapté à « notre monde » et pourrait succomber très rapidement aux maladies les plus bénignes ; à  l’image des conquistadors et des ethnies précolombiennes décimées dès leur arrivée.

Heureusement pour vous, voyageurs, l’Inde regorge de belles îles confidentielles bien moins dangereuses. Les îles au large de Goa, comme Divar Island par exemple, sont de véritables bijoux naturels ! Contactez votre agence locale en Inde !

Si vous souhaitez en savoir plus sur ces tribus en marge de notre société, rendez-vous dans la catégorie « Vision du monde » de notre magazine ! Vous y trouverez notamment un article sur la communauté Wayuu en Colombie ou sur les Ndébélés en Afrique du Sud.

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