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J’ai vécu le festival du Burning Man aux Etats-Unis

Temps de lecture : 6 minutes

Le désert de Black Rock au Nevada, à louest des Etats-Unis, accueille tous les ans un festival qui rassemble de drôles d’énergumènes dans de drôles de véhicules. Ici, l’art règne en maître tandis que les participants déambulent, libres de toutes contraintes, parmi les œuvres souvent très impressionnantes. Le festival de Burning Man est la plus grande rencontre artistique actuelle et certainement la plus délurée. Chaque année en août, plus de 70 000 participants  s’y pressent et viennent y planter leur tente. Le désert du Nevada se transforme alors en une véritable ville qui grouille de jour comme de nuit.

Romain s’apprête à s’installer à San Francisco pour son nouveau travail lorsqu’il découvre par hasard le festival du Burning Man. Nous sommes alors en 2014, quelques jours à peine avant l’édition de l’année. Pour bynativ, il s’est replongé dans ses souvenirs et nous livre un témoignage exceptionnel de son expérience à Black Rock City. Bienvenue au Burning Man !

Etape 1 : décrocher le graal

Si vous tapez « Festival Burning Man » sur les moteurs de recherche, vous tomberez sur des récits et des photos qui vous plongent immédiatement dans l’univers déluré du festival et vous donnent l’envie irrépressible d’y participer au moins une fois dans sa vie. Allez-y, faites l’expérience ! C’est ce qui est arrivé à Romain qui a été bluffé par l’ambiance visuelle du Burning Man. « Les jeux de lumières, les œuvres d’art, tout contribue à donner une ambiance presque mystique à cet univers que je ne pouvais alors que m’imaginer. » Il faut dire que ce festival est avant tout un rassemblement artistique où la liberté d’expression prend tout son sens. Par exemple, au centre de la ville temporaire, une immense statue de bois, haute de plusieurs dizaines de mètres, trône fièrement et surveille d’un œil bienveillant les festivaliers. Cette immense statue à l’effigie humaine est l’image internationale du festival. Destinée à être brûlée dans un feu de joie gigantesque, elle est le point de départ du Burning Man qui, de ce fait, porte bien son nom.

Participer au festival du Burning Man est, en soi, un challenge. La vente des places a lieu en février pour un événement ayant lieu, en général, à la fin du mois d’août. Et chaque année c’est la même chose ! C’est un tel succès que pour obtenir une place, les festivaliers doivent se connecter sur le site le jour de la mise en vente des billets, quelques minutes avant l’ouverture de la billetterie. « Au moment où la vente commence, les dizaines de milliers de personnes connectées sont mises dans une file d’attente virtuelle de façon aléatoire ; c’est, de facto, une loterie qui déterminera si oui ou non je ferai partie des heureux qui auront la chance de pouvoir acheter une place. Je n’ai pas eu cette chance et, comme certains burners disent, le Burning Man commence à ce moment-là… » C’est finalement grâce à une vente de la dernière chance, un mois avant le Burning Man, que Romain a réussi, in extremis, à se procurer le ticket d’or pour le festival.

Etape 2 : se préparer avant le grand voyage

Selon Romain, participer au festival du Burning Man requiert une grosse organisation. Premièrement, il y a une préparation matérielle. Les festivaliers doivent être bien équipés pour pouvoir survivre pendant 7 jours dans le désert. Ici, le commerce est complètement proscrit. L’entraide et la solidarité sont, elles, au contraire, plus qu’encouragées. Le Burning Man se veut être un événement altruiste qui casse les codes sociétaux et qui prône la bienveillance entre les participants. Les festivaliers ne pourront donc rien acheter sur place. Nourriture, vêtements, tente, eau, etc. : tout doit être pensé ! L’autonomie radicale est l’une des règles d’or du festival. Rappelons que les participants se trouvent en plein milieu du désert du Nevada où les températures avoisinent facilement les 40 degrés dans la journée. Il n’y a donc rien autour.

Deuxièmement, il y a une grosse préparation psychologique. « Le Burning Man est, pour moi, une expérience sociale avant même d’être un festival. », nous confie Romain. « Les règles de vie sur place sont uniques et apprendre à connaître ce qu’on appelle “ les 10 principes du Burning Man” est essentiel pour profiter au maximum de cette expérience. »

  • Radical Inclusion : accepte tout inconnu comme cet ami que tu ne connais pas encore.
  • Gifting : rien ne s’achète ni ne se vend au Burning Man. Rien ne se troc non plus. On ne peut que donner. Le don n’a de valeur que si rien n’est attendu en retour.
  • Decommodification : supprime toute référence à des marques commerciales.
  • Radical Self-reliance : ne compte que sur toi-même pour survivre dans le désert.
  • Radical Self-expression : n’aie pas peur de laisser exprimer qui tu es ; mais surtout, respecte l’expression des autres.
  • Communal effort : c’est main dans la main que l’on crée les plus belles choses.
  • Civic Responsibility : on est autant responsable de soi-même que des autres dans une société.
  • Leaving No Trace : respecte ton environnement, et rend le désert dans l’état dans lequel tu l’as trouvé. Ce commandement implique de laisser le désert de Black Rock aussi propre que possible. Il faut notamment repartir avec… son eau. Toutes les eaux usées, de cuisson, de douche, etc, doivent être stockées et ramenées avec soi en partant du Burning Man ! L’écologie tient une place très importante au sein de l’événement. Les composants des œuvres exposées sont d’ailleurs entièrement (ou en partie) faits de matériaux de récupération.
  • Participation : il ne suffit pas d’être présent au Burning Man pour y participer. Il faut aussi y contribuer activement. Le Burning Man est l’œuvre de ses participants.
  • Immediacy : aller parler spontanément avec des inconnus est la seule façon d’ouvrir un échange avec l’autre !

Etape 3 : aller à la rencontre des autres participants

Le festival du Burning Man est certainement le seul endroit sur terre où existe une telle liberté. Ici, tout le monde s’accorde l’autorisation d’être extravagant, sans se juger les uns les autres. L’expression radicale de soi est d’ailleurs l’un des fondements de l’événement. Habillés ou non, déguisés ou non, exubérants ou non ; tous profitent de cette énorme fête qui part dans tous les sens. Tous les voyageurs qui se sont rendus sur place ont été bluffés par cette soif insatiable de liberté et par cette exceptionnelle solidarité, comme nous le raconte très bien Romain : « Le Burning Man est le lieu de la spontanéité : non seulement de parfaits inconnus viendront naturellement entamer la conversation avec nous mais (et c’est là toute la magie du lieu) cela semble parfaitement normal. Tout le monde fera de même ! »

C’est d’ailleurs ce qui a le plus marqué Romain lors de son aventure au Burning Man. « Ici, tout est fait pour favoriser des interactions beaucoup plus fortes émotionnellement entre les personnes, qu’elles se connaissent déjà ou non. Et ça marche : si l’on se donne la peine de rentrer dans son univers, le Burning Man est un lieu où, aller dire bonjour à un parfait inconnu parce qu’il a un chapeau original, est tout à fait normal. »

Cette proximité et cette liberté peut parfois donner des histoires très cocasses à raconter. Comme la fois où Romain se retrouve témoin de l’union entre un ours bleu et une licorne… Il raconte : « Mon souvenir le plus insolite est sans hésitation le vendredi matin du festival. Nous avions décidé de nous lever tôt ce matin-là, par une matinée glaciale où la température frôlait les 0°C. Quelques artistes profitent de l’occasion pour jongler avec divers objets enflammés, tandis que le soleil commence à embraser l’horizon et réchauffer nos corps frigorifiés. Mais ce qui rendit cette matinée inoubliable, c’est lorsque nous vîmes, au milieu de la foule, un homme déguisé en ours bleu avec une veste militaire dire ses vœux a une licorne en robe de mariée. Ce moment si beau et touchant fut le moment le plus émouvant que j’ai vécu au cours de cette semaine. »

Pour tout cela, et pour bien plus encore, le Burning Man vaut le détour. C’est une expérience humaine d’une richesse incroyable qui laisse assurément des traces à l’âme, à défaut d’en laisser dans le désert…

Vous souhaitez, vous aussi, participer au festival ? Il vous faudra alors être très réactifs car les places partent à vitesse grand V, c’est une affaire de secondes ! Les billets sont mis en vente à partir de 280$ pour toute la semaine. Si cela vous paraît beaucoup, rappelez-vous que vous n’avez plus rien à payer une fois entrés dans le festival. Le moyen le plus simple de rejoindre la ville éphémère de Black Rock est d’atterrir à l’aéroport de San Francisco et d’emprunter ensuite la route qui mène jusqu’au désert du Nevada. Parlez-en à votre conseiller de voyage local !

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